ÉTHÉRÉE
Aline Bouvy
, Bruxelles (BE), 1974
Commissaire : Saryna Nyssen 
63, rue Cathédrale (rue de l’Étuve) 

L’œuvre d’Aline Bouvy est une vitrine des illusions. Derrière les reflets de la ville sur la vitrine, se dressent un pan de plexiglas. Il ondule, déforme, augmente la réalité ou au contraire l’amoindri.

Il peut sembler facile de se pencher et de basculer de l’autre coté du miroir. Cependant, nous restons étranger à cet univers onirique. Quelques ouvertures apparaissent, mais elles sont déjà habitées par des anguilles, par notre désir qui s’immisce vers un au-delà fantasmé. Marquée par le travail de Francesca Woodman, Aline Bouvy nous propose au travers de cette œuvre de nous pencher sur nos fantasmes. Les anguilles, citation directe de l’œuvre « Untitled », from Eel Series, Venice, Italy, représentent la tentation si sensuelle qui réside dans l’inaccessible. Ici, le fantasme nous apparaît comme étant un non lieu, un état qui ne peut durer, car ne pouvant nous satisfaire qu’un temps. Approcher et toucher ses tentations, c’est perdre l’excitation du non dit, de l’inassouvi.

Une fois l’œuvre en plexiglas, « Empathy » , dépassée, la réalité reprend son cours et il ne nous reste plus qu’un souvenir un peu flou d’un désir déjà éteint.

En effet, derrière cette œuvre fantasmagorique sont exposés des dessins. Ces derniers si énigmatiques lorsqu’ils sont vu au travers du plexiglas, sont en réalité de simples chiffres inscrits sous la forme de brosses à dents ; la représentation des simples heures du cadran d’un réveil. Nous revoilà dans la rudesse de notre quotidien. Passer de l’autre coté de la vitrine, c’est assouvir ses fantasmes et basculer dans un monde qui ne nous contente déjà plus et qui appelle incessamment à une autre réalité.

Aline Bouvy est une artiste luxembourgeoise qui vit et travaille à Bruxelles. Elle est notamment représentée par les galeries Nosbaum Reding, Luxembourg et Baronian Xippas, Bruxelles.

Saryna Nyssen 


EN
Aline Bouvy’s artwork is a showcase of illusions.
A Plexiglas partition stands behind the reflections of the city on the window. It waves, deforms and increases reality or on the contrary diminishes it.
It may seem easy to lean and to tumble to the other side of the mirror. Nevertheless we remain alien to this oneiric universe. Some gaps appear, but they are already inhabited by eels, by our desire that weaves its way into a fantasized beyond.
Inspired by the work of Francesca Woodman, Aline Bouvy designed this artwork to invite us to look into our fantasies. The eels, direct quote from the work Untitled, from Eel Series, Venice, Italy, represent the so sensual temptation that lies in the inaccessible. Here, fantasy seems to be a non-place, a state that can’t last, because it satisfies us ephemerally only. Coming closer and touching these temptations means losing the excitement of the unsaid, the unfulfilled.
Once we’ve explored the Plexiglas artwork Empathy, reality resumes running and we only have a vague memory of an already achieved desire.
Indeed, pictures are displayed behind this phantasmagoric artwork. These pictures are so enigmatic when they are seen through the Plexiglas, but they are in fact simple digits inscribed under the shape of toothbrushes; the representation of the hours of the face of an alarm clock. We are back in the harshness of everyday life. Moving to the other side of the window means satisfying one’s fantasies and tumbling into a world that does not please us anymore and that directly calls to another reality.
Aline Bouvy is a Luxembourgish artist who lives and works in Brussels. She is represented by various galleries, including Nosbaum Reding, Luxembourg and Baronian Xippas, Brussels.