ANATOMY OF ABSENCE
Antoine Dewinter
, Bruxelles (BE), 1985,
Commissaire : Maxime Moinet 
63, rue Cathédrale (rue Cathédrale) 

« Anatomy of absence », est un travail plastique sur la mémoire. J’ai commencé à assembler des images il y a trois ans. À l’époque, je revenais d’un voyage de trois mois en solitaire aux États-Unis. J’y ai arpenté les routes de New York à la Californie, l’idée étant de m’y perdre. Quinze jours avant la fin du voyage, l’ensemble de mes images a disparu.

À chaque fois que j’ai convoqué ces souvenirs et face à l’absence d’images, ces derniers se cherchaient une consistance matérielle. J’ai voulu, à l’aide de techniques photographiques et plastiques, arriver à décomposer la transformation mentale d’un souvenir, d’une mémoire en opérant un processus sur l’image physique. Dépouillée, dégradée, essentialisée, elle devient autre.

Les images ont été capturées avec des procédés classiques, puis réimprimées, rephotographiées, puis développées de nouveau jusqu’à donner un objet presque immatériel, distant de l’objet initial.

Le polyptique traversé par la lumière crée un écho visuel qui se diffuse en fragments qui se déplacent dans l’espace.

Dans ce travail de reproduction, l’idée était d’introduire une erreur contrôlée, un défaut, une fêlure. L’utilisation de séquençage d’une seule image sur plaque de verre, avec l’utilisation de divers agents corrosifs qui dégradent physiquement l’objet photographique a permis de faire apparaître une autre image, parfois simplifiée parfois plus complexe.

Avec « Anatomy of absence », j’ai voulu proposer un corpus poétique d’images qui retrace l’itinérance d’un voyage et d’une pratique. 


EN
Anatomy of absence is a plastic artwork on memory.

Three years ago, I started to gather images. At that time, I was coming back from a three-month solo trip across the United States. I paced up and down the roads from New York to California with the idea of losing myself. Fifteen days before the end of my trip, all my images disappeared.

Each time I convoked these memories and facing the absence of images, these memories sought a material consistency.

Thanks to photographic and plastic techniques, I wanted to manage to decompose the mental transformation of a memory by carrying out a process on the physical image. Pared-down, damaged, essence-based, the image turns into something else.

The images were captured using traditional methods, then reprinted, rephotographed, then developed again up to the point of becoming a nearly immaterial object, far from the initial object.

The polyptych crossed by the light creates a visual echo that spreads into fragments that move in space.

In this work of reproduction, my idea was to insert a controlled error, a defect, a crack. By sequencing a single image on a glass plate using various corrosives that physically degrade the photographic object, I was able to make another image appear, sometimes simplified, sometimes more complex.

I designed Anatomy of absence to propose a poetic collection of images that recounts the itinerancy of a trip and a practice.