Transferida
Babi Avelino, Sao Paolo (BR), 1975

Babi Avelino donne un nouvel élan à une vieille tradition, la foto pintura. Cette technique, inventée en 1863 par le photographe français Disdéri, arrive au Brésil en 1866. Le processus consistait à imprimer des photos à faible contraste et à les peindre. Les photos ont été prises par des photographes itinérants. Des peintres locaux retouchaient les photos à la gouache ou à la peinture à l’huile... Ils ont enrichi les vêtements des personnes représentées, lissé les rides, ajouté des bijoux ou rendu un hommage aux proches décédés. Là où seuls la noblesse et les riches pouvaient se permettre de faire réaliser un tableau de famille, la classe défavorisée a pu acquérir un certain statut grâce à cette technique. Aujourd’hui, la foto pintura a pratiquement disparu à cause du digital, des selfies et d’Internet.

La navigation de Babi Avelino dans des anciens albums photo a évoqué des souvenirs en lien avec les foto pintura de la maison de sa grand-mère. À l’aide de l’application FaceApp, elle a transformé son propre visage en portraits de ses proches éloignés ou décédés. Mais cette histoire personnelle s’est transformée en hommage à la Femme, presque toujours au premier plan dans la foto pintura et par extension aussi à tous ces hommes et femmes qui la lie au Brésil. En assumant leurs identités, Avelino rend également hommage à ses héros Brésiliens : artistes, architectes, féministes, défenseurs de la liberté.

Transferida, portugais pour «transféré», se compose de deux mots : trans, qui désigne à la fois la distance et le transfert de dossiers et ferida, blessé, qui renvoie à la situation dangereuse dans laquelle se trouve actuellement sa patrie. Mais c’est aussi la saudade, le sentiment de vivre entre deux pays.

En même temps, Transferida : à la KABK Audenaerde (jusqu’au 26 mars).

Commissaire & texte : Philippe Braem

 

Babi Avelino gives new impetus to an old tradition called the foto pintura. This technique, invented by French photographer Disdéri in 1863, arrived in Brazil in 1866. The process consisted of printing low-contrast photographs and painting them. The photos were taken by traveling photographers. Local painters retouched the photos with gouache or oil paint... They enriched the clothes of the people depicted, smoothed out their wrinkles, added jewelry or paid tribute to their deceased relatives. Where only the nobility and the wealthy could afford a family painting, the underprivileged class managed to acquire a certain status thanks to this technique. Nowadays, the foto pintura has almost disappeared due to digital technologies, selfies and the Internet.

Babi Avelino's travels through old photo albums evoked memories that are connected to the foto pintura of her grandmother's house. Using FaceApp, she transformed her own face into portraits of her distant or deceased relatives. However this personal story turned into a tribute to the Woman, who is almost always in the foreground in the foto pintura and by extension also to all those men and women who connect her to Brazil. By accepting their identities, Babi Avelino also pays tribute to her Brazilian heroes: artists, architects, feminists, defenders of freedom.

Transferida, Portuguese for "transferred", consists of two words: trans, which refers to both the distance and the transfer of files and ferida, meaning “injured”, which refers to the dangerous situation in which her homeland currently is. But it's also the saudade, the feeling of living between two countries.

Simultaneously, Transferida: at KABK Oudenaerde (until March 26).