EXCELLENT FOLLOW THROUGH
Cathleen Owens, Washington D.C. (USA), 1992 
Artiste sélectionnée de l’appel à projet 
Féronstrée, 159 

 

La pratique artistique de Cathleen Owens reflète l’expérience personnelle d’un sujet conscient de lui-même, pris dans un système de représentations et un ensemble de valeurs comme une mouche se débattant frénétiquement contre une fenêtre fermée. Il y a une pression de continuellement s’acclimater, de se camoufler dans la situation présente, d’apparence méritant selon les conceptions néolibérales contemporaines du soi idéalisé.

Dans le cadre d’Art au Centre, Owens présente une nouvelle instal- lation intitulée Excellent Follow Through. L’œuvre débute sur une devanture vide et est ensuite remplie progressivement de post-it de la véritable liste des tâches de l’artiste. Chaque post-it représente une seule tâche. Appeler maman. Nettoyer l’appareil dentaire. Faire les courses. Dans notre société néolibérale, nous nous valorisons par la quantité que nous produisons. Avec cette œuvre, l’artiste souligne le caractère paralysant de cette tendance, en envahissant littéralement un espace avec sa productivité, ou manque de celle-ci. La vitrine se transformera continuellement, en même temps que les priorités de notre journée.

Owens ne placera pas les post-it elle-même mais enverra les tâches quotidiennement via email afin que celles-ci soient mises sur papier, placées et réalisées par un travailleur culturel local. Cet acte vise à mettre en scène la logique capitaliste concernant la pro- duction, la mobilisation et les hiérarchies des travailleurs. Qui plus est, en raison de la pandémie, davantage de tâches doivent être exécutées par quelqu’un d’autre, parfois de loin, et souvent avec une grande confiance.

Comme reflété dans la liste publique des tâches d’Owen, l’accent est mis non seulement sur le bien-être de l’individu, mais aussi sur le bien-être de la communauté. Mais qu’en est-il de nos travailleurs essentiels qui ont travaillé sans arrêt pendant le pic de la pandé- mie ? Une liste des tâches peut devenir un luxe lorsque la santé et les revenus sont de plus en plus en désaccord. Dans notre société néolibérale, qui sortira gagnant ? 


ENGLISH


Cathleen Owens’ artistic practice reflects the personal experience of a subject aware of itself, caught in a system of representa- tions and networks of value like a fly frantically flailing against a closed window. There is a pressure to continually acclimatize, to camouflage into the present situation, presenting as worthy under contemporary neoliberal conceptions of the idealized self.

In the context of Art au Centre, Owens presents a new installation entitled “Excellent Follow Through”. The work begins as an empty storefront and is filled gradually with post-its of the artist’s authen- tic to-do list. Each post-it note represents a single task. Call mom. Clean retainer. Buy groceries. In our neoliberal society, we value our- selves by the amount we produce. With this work, the artist draws attention to how paralyzing this can be, by literally taking over a space with her productivity, or lack thereof. The vitrine will be conti- nually morphing, alongside the priorities of our days.

Owens will not be placing the post-its herself but will be sending the tasks daily through email to be written, placed, and performed by a local cultural worker. This act aims to play into capitalist logic concerning the production, mobilization, and hierarchies of labor. Moreover, due to the pandemic, more tasks must be executed by someone else, sometimes from afar, and often with great trust.

Reflected in Owens’ public to-do list, there is a focus not only on how well the individual is doing, but how well the community is doing. What about our essential workers who worked non-stop throughout the pandemic’s peak ? A to-do list can be a luxury as health and income become increasingly at odds. In our neoliberal society, what will come out on top ?