CULTURAL ISOLATION
Christy Westhovens, Maastricht (NL), 1995
Commissaire : Alicja Melzacka
Rue Cathédrale 31a

 

La première itération de ce travail a été rendue invisible, œuvrant en silence dans une galerie underground. Tel un hardware dis- simulé des nombreux centres de données fleurissant un peu partout en Europe, juste hors de portée de l’imaginaire collectif, cette œuvre est le fruit d’un travail acharné de manipulation, de documentation et de traitement de données. Ce travail repose sur l’observation des mouvements de tous les visiteurs potentiels et sur la quantification de ceux-ci, cataloguant des rencontres fortuites inassouvies.

« Il est légal de photographier ou filmer n’importe quoi et n’importe qui sur n’importe quelle propriété publique, dans le respect de certains standards communautaires raisonnables. » Mais où s’arrête l’espace privé ? Et où commence l’espace public ? Que veut dire raisonnable ? Les musées exploitent les données pour s’entretenir, pour analyser les types de visiteurs et pour transfor- mer le nombre de visiteurs en argent. Les clients de la boutique de cadeaux et du café comptent-ils pour des visiteurs ? Quand un passant devient-il visiteur ? Un observateur ? Une image ? Un nombre ? Admirer des œuvres d’art dans des vitrines. Faire du lèche-vitrines dans des musées. Des rencontres furtives per- mises par la vitre – référence évidente au corona ? Revenons à l’époque pré-corona : ce phénomène date de bien avant. Billets inutilisés, sièges réservés non réclamés, visiteurs fantômes, des centaines d’objets inaperçus. Tout un travail invisible.

Il est désormais sorti, à la lumière, mais pas sous le feu des projecteurs. Il continue de travailler et de faire tourner des tâches d’arrière-plan. Il transforme le mouvement en lumière, en code, en image. Il performe. Et sans le savoir, vous faites partie intégrante de cette performance. Les preuves matérielles s’entassent, serpentant à travers l’espace. Vous passez peut être sans le remarquer. Mais lui vous a remarqué.

Camellia Czajka


ENGLISH
 

The first iteration of this work was made invisible, working silently in an underground gallery. Like hidden-away hardware of the many data centres popping up across Europe, just beyond the reach of the collective imagination, it was relentlessly working, documenting, processing data. Capturing the movements of all the potential guests, and quantifying them. Cataloguing unfulfilled encounters. 

« It is legal to photograph or videotape anything and anyone on any public property, within reasonable community standards. » But where does the private space end and the public begin? And what is reasonable? Museums mine for data to sustain themselves; to track visitors’ patterns, to turn visitors’ numbers into currency. Do customers of the gift shop and cafe count amongst visitors? When does a passer-by become a visitor? A viewer? An image? A number? 

Art viewing in vitrines. Window-shopping in museums. Momentary encounters mediated through glass – an obvious corona reference? Think pre-corona: this phenomenon dates back much earlier.  Unused tickets, unclaimed booked seats, ghost visitors, hundreds of unseen objects. All this invisible labour. 

Now it is out, in the light, but not in the spotlight. It keeps on working, running background tasks. It transforms movement into light into code into image. It performs. And, perhaps unawares, you are part of this performance. The material proof is piling up, curling like a snake across the space. Perhaps you passed by without noticing it. But it noticed you.

Camelia Czajka