COIN DES BONNES AFFAIRES
Dick & Vle, Liège (BE)

Duo d'artistes lauréat de l'appel à projet
8, rue Gérardrie

Dick et VLE, l’une minimaliste et l’autre foisonnant. Deux personnes opposées dans la pratique artistique (mais les opposés ne se complémentarisent-ils pas ?!) et dont le travail en commun donne à voir des rassemblements «incongrus», autrement dit inhabituels, de formes abstraites, d’éléments réels simplement esquissés, et d’objets usagés ou pas trouvés ici ou là. Le tout constituant des peintures que l’on qualifie habituellement de traditionnelles (autrement dit fixées sur châssis) ou des installations dont les assemblages procèdent d’évidences nées de leurs conversations et de leurs essais répétés.

La raison d’être de leur travail ? Révéler dans la complémentarité de leurs pratiques, leur fascination pour le «désordre encyclopédique» du monde, signifié désormais dans l’instant par Google et, antérieurement, par ces dictionnaires en plusieurs volumes parsemés d’illustrations gravées, en noir et blanc ou en couleurs; ceux-là même qui fascinèrent Brancusi, notamment. Un «désordre» révélé précédemment par ces Cabinets de Curiosités dont la portée philosophique se déduit de la rencontre d’objets et d’œuvres définissant la vision de l’univers de leur concepteur. Une bibliothèque réduite à un seul livre! Un rêve!

Un rêve rendu réalisable en peinture par les Dadaïstes, chers à Dick et VLE; eux qui allaient ouvrir l’art à tous les possibles au cours de la première guerre mondiale ; ouvrir l’homme, en ces temps d’horreur, à la liberté de devenir qui il est et l’ «autoriser» à utiliser les moyens plastiques qui lui conviennent, quels qu’ils soient, sans se soucier d’être «contemporain», pour utiliser la terminologie actuelle. Dada, une rencontre d’hommes et de femmes, plutôt qu’une «école», qui s’ouvrent à d’autres facettes d’eux-mêmes, habituellement rejetées par la peureuse et conventionnelle société, suite à la découverte heureuse des arts africains et océaniens, de l’art brut aussi, si chers également à Dick et VLE.

N’avons- nous pas en nous, toutes et tous, l’univers entier! Univers à nous révéler à nous-mêmes et, ce faisant, au regardeur. De cette manière, nous découvrant pas à pas, nous donnons à voir à chacun, sans didactisme suspect, d’autres facettes du monde et de l’être. Une ouverture qu’ils présentent dans une œuvre certes foisonnante (comment pourrait-il en être autrement!) mais, par ailleurs, très structurée. Une structure nécessaire, indispensable même, pour que se manifeste efficacement leur infinie diversité, la nôtre.

Guy Vandeloise