NUDE INTERIORS
Davide Ghelli Santuliana, Vérone (IT), 1989 

Artiste sélectionné de l'appel à projet
Rue Jamin Saint-Roch, 4 

 

Giorgio Agamben a déclaré que la nudité est définie négativement, appelée non-nudité, et plus précisément encore, la nudité est définie comme étant la perte de la tunique sacrée. C’est ce qui arrive à Adam et Ève dans le jardin d’Éden, on pourrait affirmer que quelque chose de semblable se passe dans les intérieurs de la pornographie ama- teur : ils sont définis par l’absence de corps et de rapports sexuels. C’est leur nudité qui s’entremêle à la surexposition des corps et des pratiques sexuelles dans la pornographie traditionnelle. Cette surex- position est reflétée dans le processus technique utilisé pour obtenir les images de la série Nude Interiors : chaque image est le résultat de la superposition de milliers de simples photogrammes de vidéos porno. Le résultat imite une longue exposition photographique sans véritablement en être une, venant d’une caméra manipulée par un photographe. Cet effet est obtenu grâce à la nature des vidéos elles- mêmes : elles ont toutes été filmées avec une caméra en position fixe. Qu’il s’agisse de webcams, de smartphones, de caméras de sur- veillance, de caméscopes sur trépied ou d’une autre sorte d’appareil bon marché, le résultat est toujours identique : des intérieurs nus, dépourvus de corps.

Davide Ghelli Santuliana 


ENGLISH
 

Giorgio Agamben said that nudity is defined negatively - by non-nudity - and, even more precisely, nudity is defined as the loss of the sacred vest. That is what happens in the Eden to Adam and Eve, and it could be argued that something similar occurs within the interiors of ama- teur pornography : they are defined by the loss of bodies and sexual intercourses. This is their nudity, which intertwines with the overexpo- sure of bodies and sexual practices in mainstream pornography. This overexposure is reflected in the technical process used to obtain the images of the series Nude Interiors : every picture is the result of the superimposition of thousand of single still frames from porn videos. The outcome mimics a photographic long-exposure without being a « real » one, coming from a camera operated by a photographer. This effect is obtained thanks to the nature of the videos themselves : all of them were filmed from a fixed camera position. Whether those are webcameras, smartphones, cctv cameras, camcorders on a tripod or another kind of inexpensive device, the result is always the same : nude interiors, devoid of bodies.

Davide Ghelli Santuliana