ACDC
Dilum Coppens, Bruxelles (BE), 1993
Commissaire : Arthur Cordier 

Rue de la Cathédrale, 31a 

 

Arthur Cordier : j’espère que vous allez bien. Je suis très heureux de travailler ensemble sur cette exposition. Nous nous sommes ren- contrés au K.L.8, un espace d’exposition que vous avez cofondé à Bruxelles. Ce qui m’a frappé d’emblée, c’était la taille des toiles en contraste avec la hiérarchie nonchalante des images que vous utili- sez. Pourriez-vous nous présenter votre pratique ?

Dilum Coppens : j’aime envisager le tableau comme une tablette d’argile dont certaines parties ont disparu, quelque part dans l’his- toire, tandis que d’autres parties montrent les restes subtils de ce qui a jadis été représenté. Je cherche à créer des reliques avec un genre de connaissance et de mythologie qui est tombé en désuétude mais qui véhicule quelque chose de contemporain. L’œuvre Statements on the inertial energy of the Sun est l’archétype de cette pratique. Les images véhiculent une signification bien précise : un endroit que j’ai trouvé fascinant, un souvenir ou une anecdote allégorique. Mon souhait est de faire référence subtilement à l’amour, à Aphrodite ou à la science derrière la lumière, le soleil et son énergie.

A.C : l’oiseau picorant sa nourriture sur le soleil est une image magni- fique. Je l’ai perçue comme étant une combinaison de l’étendue de l’humanité – des planètes et leur rotation – et l’équilibre plutôt vacil- lant et localisé des choses, des oiseaux se nourrissant de fruits et de fleurs. D’une manière ou d’une autre, vous les associez. Comme vous l’avez déclaré, c’est sujet et ouvert à l’interprétation. Cela pourrait res- sembler à une association hasardeuse mais cela les décrit comme étant des parties des systèmes dans lesquels nous vivons. Les sai- sons s’enchainent pour une bonne raison. Et les fleurs éclosent.

D.C : j’ai entamé une série d’œuvres qui traitent de la solitude, comme étant un état aussi bien désirable qu’effrayant. Je me suis récem- ment retrouvé aux deux extrémités de ce spectre. J’ai pensé qu’il serait intéressant de montrer ces tableaux. Mon travail s’articule autour de ruines mythologiques et je tente de saisir cette sensa- tion avec la matérialité. Je pense qu’il s’agit avant tout de déplacer l’œuvre sur place et de travailler avec l’espace. 


ENGLISH
 

Arthur Cordier : I hope you are well. I’m very happy we are working on this exhibition together.
We met at K.L.8, the studio space you co-organise in Brussels. What struck me was the scale of the canvases in contrast with the nonchalant hierarchy of the images you use. Would you like to intro- duce your practice ?

Dilum Coppens : I like to think of the painting as a clay tablet where some parts have disappeared - somewhere in history. While other parts show the subtle remains of what was once applied. I want to create relics with a type of knowledge and mythology that has been forgotten, but carries something contemporary. I reached a good epitome of this in the work “Statements on the inertial energy of the Sun”. The images carry a specific meaning : a place I found fascinating, a memory or an allegorical anecdote. I want to subtly reference love, Aphrodite, or the science behind light, the Sun and its energy.

A.C : The image of the bird picking its food from the Sun is a beau- tiful image. I perceived it as a combination of the largest scope of human kind – planets and their rotations – and the rather small and localized equilibrium of things, birds feeding from fruits and flowers. Somehow you bring them together. Like you said it is subjective and open to interpretation. It could feel as a random association yet it says something about them as parts of the sys- tems we live in. Seasons happen for a reason. And flowers bloom.

D.C : I started a serie which deals with loneliness, as both a desi- rable and frightening condition. I’ve found myself on both ends of that spectrum lately. I thought it might be nice to show these pain- tings. My work is based on mythological ruins, and I try to capture that feel with the materiality. I think it’s a matter of bringing the work there and work with the space.