FIRN - MAGNIFIED
Dina Dressen, Aken (DE), 1994
Artiste sélectionnée dans le cadre de l’appel à projet
Rue du Rêwe 4

 

Dina Dressen est une artiste visuelle installée à Maastricht. Son travail s’articule autour du dessin, de l’estampe et de l’installa- tion. Elle utilise des matériaux simples tels que l’encre de Chine, l’eau, le papier ou la toile pour créer son propre univers visuel d’une grande complexité. Elle a tendance à mettre en œuvre des techniques qui imitent les procédés chimiques et géologiques, comme l’absorption, la sédimentation et l’écoulement de sur- face. Ces techniques résonnent dans les intitulés de ses œuvres et justifient les textures naturelles de celles-ci : la rugosité de la pierre, le caractère graveleux du sable, la douceur de l’eau.

Au début de sa carrière artistique, Dina Dressen explorait la pho- tographie analogique et l’influence de celle-ci se voit toujours actuellement, dans sa fascination pour la fluidité ainsi que la palette de noir et blanc, les contrastes marqués et la nature gra- nuleuse de ses œuvres. Telle une photographe, Dina Dressen fait jaillir ses œuvres de l’obscurité mais au lieu de plonger le film dans le révélateur photographique, elle immerge ses matériaux dans un mélange d’encre et d’eau.

Le studio de Dina Dressen est un espace d’expériences illimi- tées avec différentes variables relatives au matériau, au temps, à l’espace et au hasard. Elle laisse son travail se faire guider par ces variables et se développer organiquement par la répéti- tion et la superposition mais aussi la déviation. Pour elle, créer c’est avant tout une expérience sans fin apparente. Au cours de celle-ci, l’intention et l’heureux hasard jouent tous deux un rôle primordial. Ils mettent en avant la singularité de chaque œuvre et simultanément un sentiment d’unité. Alicja Melzacka
 

ENGLISH
 

Dina Dressen (1994, Germany) is a visual artist based in Maastricht, working between drawing, print, and installation. Using simple means: Indian ink, water, paper, and canvas, Dressen creates her complex visual universe. She tends to deploy techniques which mimic chemical and geological processes, such as absorption, sedimentation, and surface runoff. They resound in the titles and account for the natural textures of her works: the coarseness of the stone, the grittiness of sand, the smoothness of water.

In her early practice, Dressen was exploring analogue photography, and its influence can still be seen today, in her fascination with fluidity as well as in the black and white palette, strong contrasts, and grainy quality of her works. Akin to a photographer, Dressen allows her work to emerge out of the darkness, but instead of submerging the film in the photographic developer, she immerses her materials in the mixture of ink and water.

Dressen’s studio is a space for unbounded experimentation with different variables: material, time, space, and chance. She lets her work be led by these variables and develop itself organically through repetition and layering but also deviation. To her, making is first and foremost an experiment, without an end in sight. In this experiment, intention and serendipity play an equal part, accounting for the uniqueness of each work and, at the same time, a sense of unity.

Alicja Melzacka