Pomidor
Ella De Burca, Dublin (IR), 1986

Une cabane délabrée (le centre commercial vide, la pandémie, l’État), la vitrine est transformée en Tomato House, une suite de la Tomato House qu’elle a construite dans son jardin rural l’année dernière pendant le confinement.

Les théâtres et les galeries d’art étant fermés en raison des mesures gouvernementales, elle a transformé la Tomato House en une maison de poésie, interprétant une sélection de poèmes féministes aux semis de tomate.

En les aidant sur leur chemin vers la maturité, elle a élevé et nourri le jeune public avec un mélange de sentiment, de sagesse, d’absurdité et d’humour. Toute une société de tomates ont grandi, fondant leurs connaissances sur les poèmes qui les ont précédées, et elle a observé leur croissance, leur nombre, leur cognition. Elle les a dessinées, photographiées et a étudié leurs méthodes d’engagement comme une sociologue des solanacées.

Et à la fin de la saison, elle a mangé les tomates un soir de pleine lune (dévoré, gavé), destin inéluctable du spectateur qui ne fait qu’écouter.
Ses recherches sont exposées dans cette Tomato House et associées à l’audio des poèmes partagés avec les tomates. Il y a de nouveaux poèmes et de nouvelles chansons pour la nouvelle saison, ainsi que des caméras secrètes permettant de nouvelles observations. La première Tomato House est née d’une envie d’interpréter. La deuxième itération renferme l’essence de la première, évoquant des images de tomates longtemps mâchées comme des poèmes destinés à une autre espèce de public.

Commissaire : Alicja Melzacka
Texte : Ella De Burca

 

A playhouse in the grips of decay (the empty shopping complex, the pandemic, the state) the vitrine is recast as a Tomato House, a sequel to the Tomato House that she built in her rural garden last year during lockdown.

With theatres and galleries shuttered by state decree, she turned the tomato house into a poetry house, performing a selection of feminist poems to the seedlings.

Helping them on their way to maturity, she nurtured and nourished the young audience with a mix of sentiment, wisdom, absurdity and humour. A whole society of tomatoes grew, building their knowledge on the poems that came before, and she watched their growth, observed their reckoning, their cognition. She drew them, photographed them and studied their methods of engagement like a nightshade sociologist.

And at the end of the season, she ate the tomatoes under a full moon (devoured, gorged on), the natural fate of the viewer who only listens.

Her research is displayed inside this Tomato House, alongside the audio of the poems shared with the tomatoes. There are new poems and new songs for the new season as well as secret cameras for new observations. The first Tomato House was made from an urge to perform. The second iteration captures the essence of the first, conjuring images of tomatoes long masticated as poems for a different species of audience.