RAS
Emmanuel Dundic, (BE), 1969
Artiste sélectionné dans le cadre de l’appel à projets 
Rue Pont d’Avroy, 28

A travers son travail artistique, Emmanuel Dundic (1969) nous invite à prendre part à une narration faite de mots, d’images et d’objets. Nous pénétrons dans une sorte de cabinet de curiosités poétiques, où l’intrigant et l’intimiste se côtoient. Une histoire plus vaste, commune se déploie : pouvoirs temporel et sacré se rencontrent, croyances religieuses et populaires se mêlent. Ses œuvres semblent évoquer des bribes de souvenirs, des moments précis ou plus flous, des reliques précieuses par leur caractère sentimental, des personnes disparues ou encore des éléments d’une histoire propre à chacun. La mise en emphase de l’exposition permet de rendre leur sacralité et leur préciosité à des objets pouvant sembler banals ou anecdotiques. Leur dimension historique est pourtant indéniable, puissante, mais également désarçonnante. En effet, la temporalité dans l’œuvre d’Emmanuel Dundic est fluctuante. Son emploi d’objets anciens trouvés témoigne de ce lien avec le passé, mais le second souffle offert, ainsi que l’intervention et la réappropriation qui ont lieu sur certains d’entre eux attestent également d’un nouveau lien établi avec le présent. D'autres ont même été créés de toutes pièces. À ces œuvres vient se greffer l’utilisation de mots – à double sens, aphorismes, mots à tiroir. Récurrente chez l’artiste, celle-ci ajoute un mystère, une rupture, une dimension supplémentaire et révèle notamment son intérêt pour la littérature et le mode d’écriture, joints à sa pratique plasticienne.

 

Elisa Tomsin, extrait du communiqué pour l’exposition en duo avec Sven Verhaeghe, Centre Culturel de Marchin, avril 2016.

 
ENGLISH

 

 

Through his artistic work, Emmanuel Dundic (1969) invites us to take part in a narrative made of words, images and objects. We penetrate into a sort of cabinet of poetic curiosities, where the schemer and the intimist rub shoulders. A vaster common story spreads out: temporal and sacred powers meet, religious and popular beliefs merge. His artworks seem to evoke fragments of memories, precise or woolier moments, precious relics thanks to their sentimental nature, missing persons or elements of an individual story. The emphasis of the exhibition enables the artist to return their sacrality and preciosity to seemingly banal or anecdotal objects. Their historical dimension is yet undeniable, powerful, but also disconcerting. The temporality in Emmanuel Dundic’s artwork is actually fluctuating. His use of old found objects demonstrates this connection with the past, but the offered second wind, and the intervention and the reappropriation of some of them also highlight a new connection with the present. Others were even created from scratch. These artworks also feature double meaning words, aphorisms, neologisms. These words are recurrent in his work and add a mystery, a rupture, an extra dimension and also reveal his interest in literature and the writing style, connected to his artistic approach.

Elisa Tomsin, extract of the communiqué for the exhibition in duo with Sven Verhaeghe, Centre Culturel de Marchin, April 2016.