LA VITRINE MŒLLEUSE
Frédérique Rusch, Strasbourg (FR),1977

Commissaire : Bertrand Léonard 
Rue de l’Université, 39 

 

’éventail part au galop. Les mains se rêvent talons aiguilles. Les cigarettes jouent au Mikado.
La fumée invisible enveloppe le regard. La vitrine devient ventre.

Les objets réinvestissent l’espace premier duquel ils ont été extir- pés. Ce retour prend la forme de Polaroïds témoins de leur mutation organique. Les produits de consommation fusionnent avec les êtres vivants. L’objet prend vie, se détourne de sa fonction initiale et le vivant se fantasme objet dans un rose Pop Bubble Gum. Ces créatures hybrides nous emmènent dans des jeux narratifs teintés d’humour. Des formes arrondies et simples se dégage une sensua- lité douce et étrange. Le côté minimaliste des compositions et le graphisme géométrique se révèlent grâce aux aplats sucrés et au trait fragile de Frédérique Rusch. Design, illustration et sculpture se mélangent pour créer un langage ludique et singulier.

L’objet du désir génère ses propres fantasmes. Il ne fait qu’un avec nous et a sa vie propre. Comme un reflet comique de notre besoin existentiel de consommer. Futile et essentiel.

Bertrand Léonard 


ENGLISH
 

The fan gallops. The hands see themselves in stiletto heels. The cigarettes play Mikado.
The invisible smoke envelops the eyes. The window turns into a belly.

The objects reinvade the original space from which they were extracted. This return takes the form of Polaroids that are wit- nesses of their organic mutation. The consumer products merge with living beings. The object comes alive, diverts from its initial function and life fantasizes itself as an object in Pop Bubble Gum pink. These hybrid creatures take us to narrative games tinged with humor. A soft and strange sensuality emerges from simple and curved shapes. The minimalist aspect of the compositions and the geometric graphics reveal themselves thanks to the sugary flat tints and Frédérique Rusch’s delicate stroke. Design, illustration and sculpture merge to create a fun and singular language.

The object of desire generates its own fantasies. It is at one with us and its own life. Like a comical reflection of our existential need to consume. Pointless and essential.

Bertrand Léonard