CHIENS PERDUS AVEC COLLIER
Ines Claus
, Anvers (BE), 1993
Commissaire : Marine Candova, www.cdlt.gallery 
20, rue de l'université

Une femme en costume bicolore marche entourée d’ornements rouges accompagnée d’un chien sortit d’un tableau d’une autre époque. Un chien se cache sous une nappe à trèfles tandis que son collier plane au dessus de sa tête. Le « Poivre et sel » se baladent. Des frises emmêlent les colliers tourbillonnants, mais ou est passé l’animal domestique ?

D’une démarche qui fait le trait d’un dessin sur papier, Ines Claus semble venir à notre rencontre pour nous parler avec ses mots revêtis d’objets. De la presque affiche peinte, en passant par l’édition, jusqu’à l’installation, elle y montre l’importation d’un rêve commun, d’une culture contrastée par le cheap’n’chic. L’artiste collecte des livres, de belles images qui lui inspirent des supports logiques de présentation.

Sa méthode vient extraire un élément et/ou une attitude capturés à la réalité, pour les rapporter à une évidence simple. Un aplat chromatique, un collage, cette étude d’imbrication cherche un aphorisme objectal, que Ines Claus soustrait à une fascination pour les langages visuels propres à la publicité, au design mobilier et à la mode. Ainsi la quintessence d’un Gucci qui représente la forme d’une élite, ici convoité par une substance qu’est le peuple, crée un motif proche de la pop culture qui défile devant elle. L’objet de convoitise prend alors une attitude, il devient un personnage, un presque animisme, et s’hybride dans une esthétique propre à la manière dont l’artiste lit son environnement. Un chien, puis son collier qui forme autre chose que son utilité originale, une paire de chaussure avec un détail qui cloche, simplifiés par la technique picturale de l’artiste, deviennent un axiome, traduisant un dandysme presque californien au sein d’une Belgique populaire. Ces symboles sociaux s’unissent alors, en une matière narrative qui change le sens commun de ce qu’on a l’habitude de voir, et qui charge son travail d’une veritable lecture de nos comportements et de nos perspectives sociales et culturelles.

Axel Korban 


EN
A woman dressed in a two-tone suit walks surrounded by red ornaments and accompanied by a dog from a painting of another era. A dog hides under a clover tablecloth while its collar hangs over its head. The Poivre et sel take a stroll. Friezes tangle swirling collars, now where did the pet go? From an approach that has the stroke of something drawn on paper, Ines Claus seems to come to meet us to talk to us with her words clothed with objects.

From the nearly painted poster, from edition to installation, she shows the importation of a common dream, of a culture contrasted by the cheap'n'chic. The artist collects books, beautiful images that inspire her to use logical presentation supports.

Her approach extracts an element and/or an attitude captured from reality to bring it back to a simple evidence. A chromatic flat tint, a collage, this interconnection study seeks an object-based aphorism that Ines Claus subtracts from a fascination for visual languages peculiar to advertising, furniture designing and fashion. Like so, the quintessence of Gucci that represents the form of an elite, here coveted by a substance namely the people, creates a pattern close to pop culture that marches in front of it. The object of desire then takes an attitude, it becomes a character, a near animism, and hybrids itself into an aesthetics proper to the way the artist reads her environment. A dog, then its collar that forms something other than its original utility, a pair of shoes with a weird detail, simplified by the pictorial technique of the artist, become an axiom, expressing a nearly Californian dandyism within a popular Belgium. These social symbols then unify to form a narrative material that changes the common sense of what we are used to seeing and that loads her work with a true reading of our behaviors and our social and cultural perspectives.