L’habitude des disparitions
Julia Renaudot, Valence (FR), 1995

Julia Renaudot est récemment diplômée d’un master à La Cambre en peinture à Bruxelles.

La thématique du voyage est le point de départ de sa pratique. À partir de cette notion, elle aborde avec liberté l’itinérance mentale, la mémoire, le passé mais aussi le rêve, l’imagination et la fiction. Son approche picturale opère comme un voile devant le regard, à l’image de ses propres souvenirs.

Dans le monde qu’elle s’invente, elle produit des motifs qui évoluent au gré de ses divagations. Ceux-ci s’imprègnent de mondes multiples, ceux qu’il y a derrière elle, devant elle et à l’intérieur d’elle. C’est un jeu d’apparition et de disparition qu’elle met en place. Ces éruptions visuelles racontent une histoire que chaque spectateur peut faire vivre à sa guise.

Le flou, cette instabilité dans l’image, revient dans la quasi-totalité de ses travaux. Elle parle d’«image-songe», un fil rouge important dans son travail. Générateur d’inspiration, elle peut s’ouvrir à différents types de représentations visuelles. Ce n’est d’ailleurs que récemment que ses idées se sont manifestées sous forme d’impression textile, d’installation et de performance.

Les très fréquentes transparences dans son travail ne permettent pas de voir l’image dans sa totalité. Nous devons tourner autour, l’apprivoiser du regard pour y déceler quelques figures. Une fois que la matière se révèle enfin selon la lumière, le sujet se découvre et s’affiche clairement. L’image qui en découle est enivrante.

Représenter des univers réconfortants et aimés, est fondamental dans sa pratique. Elle souhaite transmettre une vision du bonheur qui se laisse transporter au gré de ses flâneries. Ce type de candeur apporte une fragilité d’autant plus forte lorsqu’elle souhaite qu’elle soit transmise par un espace vécu et visité.

Elle donne hommage à l’errance.

Artiste sélectionnée dans le cadre de l’appel à projets
Texte : Julia Renaudot

 

Julia Renaudot recently graduated with a master's degree in painting from La Cambre in Brussels.

The theme of travel is the starting point of her practice. From this notion, she freely approaches mental itinerancy, the memory, the past but also dreams, imagination and fiction. Her pictorial approach operates like a veil in front of the eye, like her own memories.

In the world she invents for herself, she produces motifs that evolve with her ramblings. These are imbued with multiple worlds, those behind her, in front of her and inside her. It is a game of appearance and disappearance that she sets up. These visual eruptions tell a story that each viewer can bring to life as he or she wishes.

The blur, this instability in the image, recurs in almost all of her artworks. She speaks of “dream-image”, a key red thread in her work. It generates inspiration and can be open to different types of visual representations. It is only recently that her ideas have manifested themselves in the form of textile printing, installation and performance.

The very frequent transparencies in her work make it impossible to see the image in its totality. We have to turn around it, tame it with our eye to detect some figures. Once the material is finally revealed by the light, the subject reveals itself and is displayed clearly. The resulting image is intoxicating.

Representing comforting and loved universes is fundamental in her practice. She strives to convey a vision of happiness that lets itself be transported by her strolls. This type of candor brings a fragility that is even stronger when she wishes it to be transmitted by an experienced and visited space. She pays homage to wandering.