RÉFLÉCHISSEZ POUR MOI, JE RÉFLÉCHIRAI POUR VOUS
Justine Court, Paris (FR), 1994

Commissaire : Marine Candova, Cdlt+ 
Rue de la Cathédrale, 46 

 

Justine Court crée un monde autofictionnel dans lequel les objets deviennent des acteurs avec leurs propres personnalités. Sans leurs teintes feutrées, leurs émaux brillants, leurs détails et leurs formes erratiques, ils ne seraient que des objets fonctionnels – des pots, des assiettes, des vases, des chandeliers – mais les apparences peuvent être trompeuses : chaque sculpture prend vie dans ce sombre conte de fée que Justine Court établit. Les profondeurs de l’imagination humaine trouvent refuge dans de grands sentiments tels que la mélancolie, la fragilité et la fierté – des émotions très liées au corps. Les gorges ouvertes, les lèvres pulpeuses, les anses sensuelles couvertes de bijoux trahissent leur vacuité et leur côté exhibitionniste. Justine Court tente d’instaurer un non-lieu, un environnement suggéré qui apparaît hors du temps. Pour cela, elle dessine et s’inspire d’images cinématographiques teintées d’un romantisme noir de Jean Cocteau et Dario Argento, pour ne citer qu’eux.

Réfléchissez-pour moi, je réfléchirai pour vous, flotte dans un bain de nostalgie dans lequel l’anthropomorphique et le domestique fusionne dans la céramique, le verre ou les métaux. L’élément récurrent du miroir est le symbole ultime de la vanitas et de l’intimité. Le miroir est médiateur : nous imaginons nous voir mais nous sommes en réalité face à un grand manque de perception de soi-même.

Marine Candova 


ENGLISH

Justine Court creates an autofiction world in which the objects turn into actors with their own personalities. Without their soft tints, shining enamels, details and erratic shapes, they would be only functional objects – pots, plates, vases, candlesticks – but appea- rances can be deceptive : each sculpture comes alive in this dark fairy tale that Justine Court creates. The depths of human imagi- nation find refuge in great feelings such as melancholy, fragility and pride – emotions closely linked to the body. The open throats, fleshy lips, sensual coves covered with jewels reveal their vacuity and exhibitionist nature. Justine Court tries to establish a dis- missed case, a suggested environment that appears out of time. To this end, she sketches and draws her inspiration from cinema- tic images tinged with a dark romanticism proper to Jean Cocteau and Dario Argento among others.

Réfléchissez-pour moi, je réfléchirai pour vous floats in a bath of nostalgia in which anthropomorphic and domestic merge in the ceramic, the glass or the metals. The recurrent element of the mirror is the ultimate symbol of Vanitas and privacy. The mirror is mediator : we imagine seeing ourselves but in fact we face a significant lack of perception of oneself.