Cheratte 10
Laura De Jaeger, Halle (BE), 1995

Recueil d’interventions. Chaque pièce est issue de l’ancienne mine de charbon du Hasard de Cheratte. La principale houillère de la société anonyme des Charbonnages du Hasard est située en province de Liège. Vendu et actuellement en construction, l’espace est au croisement des époques. Il nous donne un aperçu du passé et de l’avenir. Dans la ville de Liège, deux pièces de plâtre allongent la mesure du pont d’entrée de Cheratte 10. Mesurer avec du fil me permet de placer l’espace dans ma poche, de l’enrouler et de le dérouler, de se redécouvrir encore et encore. Les plaques initient un dialogue sur le terrain commun de plexiglas, transparent, capturant toute trace. Une collection de conservation spéculative, mobile.

En rassemblant, façonnant, jouant avec les mesures et reformulant, la pratique artistique de Laura De Jaeger s’articule autour de la notion d’entre-deux, d’histoires locales et de pratiques quotidiennes. Des processus de coulée, de dédoublement, de décalage et de répétition sont menés et se manifestent comme des réinterprétations d’un objet ou d’un espace. Une forme d’écriture expérimentale, autobiographique et matérielle. Laura De Jaeger tend à s’adapter à des espaces particuliers, les prenant à la fois comme sujet et cadre de sa recherche matérielle et spatiale.

Artiste sélectionnée dans le cadre de l’appel à projets
Texte : Laura De Jaeger

 

A collection of interventions. Every piece is a part of the former coal mine of Hasard de Cheratte. The main colliery of the Société anonyme des Charbonnages du Hasard is located in the province of Liège. Sold and currently under construction, the space is in a limbo state. It gives us a glimpse of both past and future. In the city of Liège, two plaster pieces stretch out the measurement of the Cheratte 10’s entrance bridge. To measure with thread allows the space to be placed in my pocket, rolled up and out, again and again rediscovering itself. The plaques start a dialogue on the common ground of plexiglass, transparent, catching every trace. A collection of speculative, mobile, conservation.

By gathering, moulding, play with measurements and rephrasing, Laura De Jaeger’s practise revolves around the notion of in-between, local histories and quotidian practises. Processes of casting, doubling, shifts and repetition are steered, which manifest themselves as reinterpretations of an object or space. A form of experimental, autobiographical, and material writing. De Jaeger tends to adapt to particular spaces, taking them as both her subject and setting, for material and spatial research.