S’entrouvrir
Laure Forêt, Mayenne (FR), 1984

À partir d’un camaïeu de couleurs allant du blanc laiteux au rouge sang, Laure Forêt travaille différentes textures et matériaux (verre, métal, tissu, etc.) pour suggérer des formes organiques. Son travail de plasticienne questionne le corps à la frontière de l’intime et du public, du visible et de l’invisible. Le corps comme lieu de souffrance et de jouissance. La peau comme un paysage à explorer à travers un voyage intime dans l’être.

L’installation S’entrouvrir évoque un paysage épidermique qui s’entrouvre ou se referme. La peau s’incarne dans la superposition de plaques de verres Tiffany tandis que la chair se donne à voir dans le cramoisi d’un velours dévoré. Elle est à la fois une barrière, une protection contre l’extérieur mais aussi une zone de contact avec l’intérieur, une parcelle d’intimité. Elle est porteuse de familiarité à travers une odeur, un souvenir mais peut aussi devenir une frontière à ne franchir.

Les couches épidermiques sont semblables à des couches géologiques. Elles dissimulent un monde intérieur comparable à la richesse d’un sol. Le verre parfois opalescent, parfois transparent, prend diverses significations. Délicat et translucide, il se déploie comme une membrane qui peut plier ou s’étirer mais aussi, fissurer et casser.

La plaie ouverte se dévoile alors timidement. La faille laisse apercevoir des bles- sures intérieures tout en essayant de les dissimuler.

Commissaire & texte : Marjorie Ranieri

 

“The deepest thing in man is the skin.” Paul Valéry

Using shades of color ranging from milky white to blood red, Laure Forêt works on various textures and materials (glass, metal, fabric, etc.) to suggest organic forms. Her work as a visual artist questions the body at the border between the intimate and the public, the visible and the invisible. The body as a place of suffering and pleasure. The skin as a landscape to explore through an intimate journey into the being.

The installation S’entrouvrir evokes an epidermal landscape that half-opens or closes. The skin is embodied by the superposition of Tiffany glass plates while the flesh can be observed in the crimson of a burnout velvet. It is simultaneously a barrier, a protection against the outside but also a zone of contact with the interior, a fragment of intimacy. It carries familiarity through a smell, a memory but can also become a border not to be crossed.

Epidermal layers are similar to geological layers. They hide an inner world that is similar to the richness of soil. Glass, sometimes opalescent, sometimes transparent, takes on various meanings. Delicate and translucent, it unfolds like a membrane that can bend or stretch but also crack and break.

The open wound is then revealed timidly. The fault unveils inner wounds while trying to hide them.