CHIENS PERDUS AVEC COLLIER L’ÉTALE AUX OBJETS CANNÉS
Lexi Dauw
, Bruxelles (BE), 1993 
Artiste sélectionné de l’appel à projet 
43, rue Saint-Gilles 

Ma peinture s’est détachée de son support. Elle est devenue indépendante, s’est transformée en sculpture, en bas-relief, en image et en objet, en passant du tapis, à une malle, à un cache pot... La répétition du motif était déjà omniprésente dans ma production et a pris tout son sens au moment où je suis tombé amoureux de l’artisanat et plus particulièrement du cannage. Depuis ce motif me hante, il possède un nombre incalculable de ressources. Il rend possible la mise en abîme, la modification de l’échelle de représentation , des jeux de couleurs, la symétrie...

J’utilise principalement l’acrylique appliquée à la poche à douille sur une surface non-adhésive, ce qui me permet de la défaire de son support et d’exploiter ce matériau de manière singulière et indépendante. Le principe reprend celui de l’imprimante 3D avec une facture supplémentaire. La répétition réside aussi bien dans le motif que dans le geste, cette répétition obsessionnelle qui rythme
mon quotidien et fait écho au quotidien de l’artisan canneur, qui contrairement à moi tisse son matériau. Par-là, je tente feindre une vérité, celle de l’image : les cannages ne sont pas réellement des cannages, les objets ne sont pas faits pour être utilisés, ce sont des images qui tentent de mettre en valeur un métier en voie de disparition. 


EN
“My painting came off its support. It became independent, it turned into a sculpture, a bas-relief, an image and an object, from a rug to a trunk, a planter…

The repetition of the motif was already omnipresent in my production and took on its full meaning when I fell in love with crafts and particularly with caning. This motif has been haunting me since then, it possesses countless resources. It enables the mise en abyme, the modification of the scale, the color schemes, the symmetry…

I primarily use acrylic paint applied with a piping bag on a non-adhesive surface, which enables me to remove it from its support and to use this material singularly and independently. This approach follows the same principle as a 3D printer with added workmanship.

The repetition lies in the motif just as in the gesture, this obsessional repetition that gives rhythm to my daily life and echoes the daily life of the caning craftsman, who weaves his material unlike me. I thereby try to feign a truth, the truth of the image: caning is not real caning, the objects are not made to be used. They are images that try to highlight a disappearing profession.”