LE DRAGON DRAGONE
Sabrina Montiel-Soto
, Maracaibo (VEN), 1969
Commissaire : Philippe Braem 
9, rue du Pont 

 

Greffe : nom féminin évoquant en chirurgie « l’opération par laquelle on déplace un tissu ou un organe de sorte qu’il continue à vivre par les connexions qu’il contracte avec une autre partie du même individu (autogreffe) ou d’un individu différent (hétérogreffe) » et en horticulture « l’action par laquelle on insère sur une plante un bourgeon, un rameau, etc. pris à une autre plante ».

La greffe : c’est par ce mot que l’artiste Sabrina Montiel-Soto désigne son œuvre protéiforme. Sculptures, dessins, objets, films et vidéos, collages, compositions sonores, chaque médium employé se recompose et se rassemble avec d’autres, à travers les époques et les cultures. Ces assemblages ne sont jamais contraignants. Pour Sabrina Montiel-Soto ses installations sont « des fragments d’une histoire individuelle, vu d’un regard personnel ». Son travail, ses recherches, tiennent d’avantage de la fiction que d’une approche scientifique. L’œuvre présentée dans le cadre d’Art au Centre est « une réflexion sur le monde » articulée à partir d’anciens journaux belges collectionnés pendant un an sans être lus.

Ces journaux, de vieux volumes de la Libre Belgique, ont été utilisés notamment pour créer une vidéo, un film à terminer, une série de collages et maintenant cette constellation sculpturale. Plutôt qu’un discours trop didactique, c’est la suggestion qui est ici à l’œuvre :
les références sont ouvertes, les interprétations sont libres, la composition semble aléatoire et pourtant conçue mathématiquement, à la fois structurée et chaotique.

L’ensemble évoque une composition musicale, une partition pleine de changements de rythme, pleine de tonalités hautes et basses. Les textes et images collés sur panneaux de bois, peints ou non, sont aussi banals que significatifs, autonomes ou se référant les uns aux autres. Il appartient alors au spectateur de finalement greffer sa propre interprétation sur ces relations suggérées par l’artiste.

Philippe Braem 
 


EN 
Graft: The grafting of a tissue from one place to another, just as in botany a bud from one plant might be grafted onto the stem of another. The transplanting of tissue can be from one part of the patient to another (autologous transplantation), as in the case of a skin graft using the patient's own skin; or from one patient to another (allogenic transplantation), as in the case of transplanting a donor kidney into a recipient.

The graft: Sabrina Montiel-Soto uses this word to designate her protean work. Sculptures, drawings, objects, films and videos, collages, sound compositions, each used medium rebuilds itself and connects with others, through times and cultures. This assembling is never constraining. For Sabrina Montiel-Soto, these installations are “fragments of an individual story, seen from a personal perspective.” Her work and research result more from fiction than from a scientific approach. The artwork presented at Art au Centre is “a reflection on today’s world” articulated around old Belgian newspapers collected for one year without being read. 

These newspapers, old volumes from the Libre Belgique, were for instance used to create a video, a film to be finished, a set of collages and now this sculptural constellation. Rather than a too didactic speech, suggestion here is omnipresent: references are open, interpretations are free, the composition seems to be random and yet designed mathematically, both structured and chaotic.

The whole evokes a musical composition, a score full of changes of pace, full of high and low notes. The texts and images glued on wood panels, painted or not, are equally banal and meaningful, independent or referring to one another. 

It is then up to the observer to eventually “graft” his own interpretation to these relationships suggested by the artist.