SANS TITRE
Charles-Henry Sommelette
Commissaire : Yoko Uhoda

Plus subversif qu’il n’en a l’air. Banal ou trivial, voilà deux adjectifs qui pourraient être associés aux sentiers balisés, sous-bois, haies et autres coins de jardins qu’affectionne Charles-Henry Sommelette. Il est indéniable que le peintre s’inspire des choses ordinaires de son milieu le plus immédiat (au point d’être un des seuls à les avoir représentés). Ces sujets de prédilections ne sont pas forcément beaux, fascinants, insolites ou pittoresques (étymologiquement : qui mérite d’être peint).  Seulement, la maîtrise technique dont il fait montre dans leur représentation, l’originalité du point de vue qu’il adopte, l’équilibre de la composition font de ces lieux les plus anodins  – quiconque les parcourrait, les effacerait aussi rapidement de sa mémoire –  des sujets à part entière. C’est là, le tour de force de Charles-Henry que de parvenir à transformer l’insipide en beauté artistique.

Certains analystes comme le philosophe Jean Baudrillard qui reprochaient à l’art contemporain de s’approprier la banalité, le déchet et la médiocrité pour ne rien parvenir à en faire de mieux et d’annihiler toute possibilité d’illusion et d’imaginaire seraient bien obligés de se dédire en observant les travaux de Charles-Henry Sommelette. A partir de non-lieux, vides de toute présence humaine, il parvient à emballer l’imagination, participe à réinventer le genre paysager en peinture et remet au goût du jour la belle manière sans tomber dans la banalité ou la trivialité.

Thibault Cassart, Conservateur, Famenne & Art Museum