Let’s do it
Sara Zerguine, Paris (FR), 1996

Les images sont centrales dans mon travail et peuvent prendre différentes formes : animées, sculpturales, photographiques, etc. Transformées, détournées ou créées de toutes pièces, elles constituent la matière première d’une interrogation critique sur les mass medias, l’iconographie publicitaire, les images numériques qui nous submergent.

Le détournement est très présent dans mon travail, certaines de mes pièces fonctionnent comme des simulacres : les références que j’exploite sont familières et banales. De loin, elles semblent s’inscrire dans l’horizon esthétique propre à la mode et la consommation. Lorsqu’on les regarde de plus près, certains éléments apparaissent incompatibles avec le sens premier et en appellent aux troubles et aux questionnements. À travers ce processus, j’essaie de faire ressortir les non-dits, l’hors-champ, de dégager la violence sous-jacente qui structure notre rapport au monde.

Mon travail évolue au contact des lieux qu’il rencontre. Les matériaux, les techniques utilisées et la scénographie font toujours écho au contexte d’exposition. Let’s do it est une installation in situ offrant en trompe l’œil toutes les caractéristiques d’un espace commercial. Un papier peint réalisés à partir de la photographie d’un œil refermé par une étiquette de prix tapisse les murs. La répétition du motif forme une trame à partir de laquelle se disposent les autres pièces. Des baskets ont été déposées sur un convoyeur d’usine, leurs lacets ont été remplacés par des mèches de cheveux. Sur la vitre, un tag reprenant le slogan d’une célèbre marque de prêt-à-porter en détourne les enjeux performatifs. Plus que symboles ou allégorie, Let’s do it invite à l’action.

Artiste sélectionnée dans le cadre de l’appel à projets
Texte : Sara Zerguine

 

Images are central to my work and can take different forms: animated, sculptural, photographic, etc. They are transformed, diverted or created from scratch and constitute the raw material for a critical questioning of the mass media, advertising iconography and the digital images that overwhelm us.

Diversion is very present in my work. Some of my pieces work like simulacra: the references I use are familiar and banal. From a distance, they seem to be part of the aesthetic horizon that is specific to fashion and consumption. When looked at more closely, some elements appear incompatible with the primary meaning and trigger troubles and questioning. Through this process, I try to bring out the unsaid, the off-screen, to draw the underlying violence that structures our relationship to the world.

My work evolves in contact with the places it encounters. The materials, the techniques used and the scenography always echo the exhibition context. Let’s do it is an in situ installation that features all the characteristics of a commercial space in trompe l’oeil. A wallpaper made from the photograph of an eye closed by a price tag lines the walls. The repetition of the motif forms a frame based on which the other pieces are arranged. Sneakers were placed on a factory conveyor, their laces were replaced by strands of hair. On the glass window, a tag with the slogan of a famous ready-to-wear brand diverts the performative stakes. More than symbols or an allegory, Let's do it encourages action.