HIGH FIVE
Sophie Ullrich, Genève (CH), 1990 – Vit et travaille à Düsseldorf (DE)
Commissaire : Saryna Nyssen 

Féronstrée, 159 

 

Difficulties with the high five par Sophie Ullrich est un pied de nez à la Covid-19. Ces mains linéaires et graphiques, emblématiques de son œuvre , mettent en scène une vaine tentative de salutation. Les deux protagonistes sont réduits aux simples courbes de deux mains. Ces deux individus, c’est nous aujourd’hui, ils se rencontrent. Dans une danse saccadée et tâtonnante, ils essayent un salut, un « high five » jusqu’à finalement s’éviter, se manquer de peu, ne pas se toucher. L’animation traite avec humour de notre nouveau quotidien : l’insécurité où la distanciation sociale est au centre des nouvelles interactions sociales. Nos rituels changent. Pourtant, la superposition des images créée par les techniques sélectionnées laisse supposer que les individus se frôlent et que l’interaction corporelle reste induite.

L’animation est une projection analogique, lointain procédé méca- nique remplacé par le numérique... à l’image de nos relations durant le confinement. Les feuilles dessinées sont déplacées sur un arrière plan pictural abstrait. La fonction de la toile peinte est un décor lointain. De la sorte, Sophie Ullrich propose une perspective physiquement incluse et le jeu d’ombres devient réel.

Saryna Nyssen 


ENGLISH
 

Sophie Ullrich’s Difficulties with the high five thumbs its nose at Covid-19. These linear and graphic hands, symbol of her work, stage a vain attempt of greeting. The two protagonists are reduced to the simple curves of two hands. These two individuals, it’s us today, they meet. In a jerky and groping dance, they try a greeting, a « high five », to finally avoid each other, miss each other by a matter of minutes, and not touch each other. The animation humorously deals with our new everyday life : the insecurity where social dis- tancing is at the center of the new social interactions. Our rituals evolve. However, the superposition of the images created by the selected techniques suggests that the individuals skim past each other and that corporal interaction remains induced.

The animation is an analogical projection, distant mechanical pro- cess replaced by digital technologies... just like our relationships during the lockdown. The drawn sheets are moved onto an abs- tract pictorial background. The function of the painted canvas is a distant decor. By doing so, Sophie Ullrich offers a perspective phy- sically included and the play of shadows becomes reality.

Saryna Nyssen