TRÈS IMPORTANT APRÈS LA CHUTE DES FEUILLES
Arthur Cordier, Leuven (BE), 1993
Commissaire : Maxime Moinet 

20, rue Léopold

Je déteste la publicité comme on aime le bon pain.
La publicité ne s’arrête pas aux limites de l’affiche, mais cadre, définit et façonne les espaces publics et urbains de bien des façons. Je m’intéresse à la publicité et aux relations économiques entre individus au travers des structures commerciales qui la soutiennent: sur le plan pratique et idéologique. Cela se traduit par l’étude des sites d’implantation de panneaux d’affichages, des supermarchés ou commerces de proximité. Ce sont les formes qu’elles produisent et les stratégies qu’elles développent qui m’intéressent.

Toutefois je considère la publicité comme une stratégie obsolète, mais une stratégie dont l’usage perdure. La saturation publicitaire la rendrait-elle invisible, donc potentiellement inefficace? Ainsi, ma pratique s’attache à déconstruire, éroder, et réduire la communication visuelle et commerciale à son essence même. Combien d’information peut-on soustraire à l’imagerie ‘Discount’ et commerciale tout en conservant son apparente familiarité? Le capitalisme serait-il une fiction, une illusion narrée? Comment et sous quelles formes les produits et les objets promotionnels contiennent-ils leur propre désuétude? C’est sur ce terrain que je me tiens, à la fois fasciné et repoussé, rebuté et curieux du fonctionnement et des systèmes de consommation.

Dans le contexte d’Art Au Centre, Arthur Cordier présente de nouvelles pièces qui abordent l’imaginaire Discount.
Une série entamée en 2019. Le format des pièces est définit par ceux des affiches en magasins, généralement 60x80cm. Toutefois l’imagerie produite reste muette, sans texte. S’agirait-il d’une publicité criarde qui n’a rien à vendre? Attirer l’attention et le regard serait-il une fin en soi?