HYPEREMPLOYED
Valentino Russo, Rome (IT), 1994 

Artiste sélectionné de l’appel à projet 
Rue de la Cathédrale, 46 

 

Dans l’installation Hyperemployed, Valentino Russo explore les conditions de travail de l’indépendant d’aujourd’hui. Travailler simultanément pour davantage de clients dont les bureaux sont éparpillés partout dans le monde nous empêche d’établir une routine avec des heures de travail précises et un espace de travail localisé.

L’impératif de productivité influence donc l’espace privé, transformant la chambre en bureau, tandis que la limite entre les heures de travail et le temps libre devient de plus en plus floue.

En fait, l’indépendant travaille tout le temps. Dès le lever, pour parcourir ses nouveaux courriels et ensuite être constamment sur les réseaux sociaux pour « partager », élargir et booster son réseau, jusqu’au coucher pour parcourir ses mails une dernière fois.

L’installation spécule sur ce scénario et présente une chambre rem- plie d’objets de bureau qui incarnent l’ironie amère caractéristique de l’état d’esprit de l’indépendant exploité dont la situation financière précaire le force à souffrir en silence.

Des tasses imprimées de descriptions de poste ridicules, un bête porte-plume, un poster avec le programme d’une journée de travail typique dans une start-up et, sur l’imprimante, une photo d’un chien admettant franchement : « Je n’ai aucune idée de ce que je fais ».

Le terme Hyperemployed a été inventé par l’auteur Ian Bogost. Valentino Russo est soutenu par le Mondriaan Fund via le Stipendium for Emerging Artists. 


ENGLISH
 

In the installation Hyperemployed Valentino Russo reflects on the contemporary condition of the freelancer. Working for more clients at the time, whose offices might be scattered around the globe, makes it impossible to establish a routine with precise working hours and a localized working space.

Consequently, the private space is shaped by the imperative of productivity, turning the bedroom into an office, while the threshold between working hours and leisure time gets increasingly blurry.

In fact, the freelancer is always working. From the moment she wakes up to check for new emails, to the necessity to be constantly present on social media to « share », « connect » and boost her network, to the last check to the inbox before going to bed.

Speculating on such scenario, the installation presents a bedroom populated with office items that embody the bitter irony that characterizes the mood and spirit of the exploited freelancer, whose precarious economic situation gives her no choice but to « grin and bear it ».

Mugs with ridiculous job descriptions printed on top, a silly pen holder, a poster with the schedule of a typical working day in a start-up, and on top of the printer a picture of a dog candidly admitting : « I have no idea what I’m doing ».

The term Hyperemployement has been coined by author Ian Bogost. Valentino Russo is supported by the Mondriaan Fonds with the Stipendium for Emerging Artists.